
Toujours en atelier
30 janvier 2009Sur la Guyane
Le syndicat, l’Union des travailleurs guyanais (UTG), membre fondateur du forum social pan amazonien a organisé une conférence-débat sur la situation en Guyane, l’occasion pour nous de tenter de mieux cerner le contexte de domination coloniale dans lequel vivent les populations autochtones. En métropole, les médias ne parlent guère de ce territoire sauf lors de l’envoi des fusées Ariane à Kourou ou, plus récemment, avec plusieurs jours de retard quand la population s’est mobilisée contre le prix du carburant.

Ce mouvement social très important a rassemblé l’essentiel de la population guyanaise. Si l’Etat a concédé une baisse de 0,5 euro après deux semaines de blocage complet de l’activité, elle n’est que provisoire et les problèmes de vie chère ne sont absolument pas réglés. Le pouvoir français a mis en place une commission qui doit rendre ses conclusions en mars.
Mais au-delà de ce problème de coût de la vie, lié au fait que tout est importé alors qu’il serait possible de développer l’activité économique locale, c’est l’attitude coloniale de l’Etat français qui a été abordée.
Il serait trop long de rentrer dans le détail, mais l’Etat militarise de plus en plus ce territoire et réprime de plus en plus le mouvement social et plus globalement les populations.
La politique de la France consiste à sacraliser ce territoire. Un parc naturel national a été créé en 2006 qui couvre la moitié de la superficie de la Guyane et sur lequel les populations sont de plus en plus contrôlées. On déplace des populations indigènes pour les regrouper. Parallèlement, la biodiversité devient un enjeu de plus en plus important pour l’industrie pharmaceutique française et comme par hasard, l’ancien PDG d’Aventis vient d’être nommé pour développer le projet du parc. Pour l’orpaillage, on interdit à une population indigène d’exploiter la ressource mais on ne combat pas réellement l’activité clandestine. Les garimpeiros brésiliens sont liés à des multinationales et l’Etat français est d’une certaine manière complice.
La domination coloniale de la France en Guyane doit nous interpeller, les forces progressistes en métropole doivent être solidaires des revendications des populations de ce territoire. Les forces sociales guyanaises souhaitent développer les relations avec les mouvements sociaux d’Amérique latine mais se heurtent bien souvent à des tracasseries administratives, ainsi quand l’UTG veut rencontrer la CUT, son homologue brésilienne cela s’avère parfois très compliqué.
Nous développerons ce sujet dans Rouge & Vert.
Richard Neuville
Les peuples souverains
Cet atelier prenait l’angle de la construction d’institutions propres au sein d’une ou plusieurs nations. Si nous connaissons les revendications corses, bretonnes ou basques, la liste des présents traverse le monde (voir liste à la fin). Les nations épinglées pour leurs responsabilités historiques sont la France, l’Italie, l’Espagne mais aussi les religions. Aujourd’hui la pression du libéralisme, transnational par essence, ignore a fortiori l’existence de ces peuples sans frontières onusiennes. Par exemples : un projet de barrage au Brésil noiera les terres en Bolivie amazonienne, lieu de vie d’indiens Quetchuan ; un champ pétrolier sur un territoire kurde en Irak, etc.
La stratégie est partout la même : la disparition de ces peuples en s’attaquant à leur identité. Les peuples qui se sont exprimés lors de l’atelier sont : les Guaranis d’Uruguay, CONAMAQ (Quetchuan) de Bolivie, Kurdes, Galiciens, Catalans et Kabyles d’Algérie.
Alain Marcu