
Avec le MST sur le front de déforestation
30 janvier 2009Une caravane de 300 invités, de tous les mouvements de Via Campesina, de la presse alternative et de militants sympathisants a parcouru le centre de l’Etat du Para 4 jours durant à l’invitation du Mouvement des Sans Terre (MST) Brésilien. C’est un véritable Forum Social local, dit du Carajas, une formule originale pour fêter les 25 ans du MST. En sous-titre : « Pour la défense de l’Amazonie, de la biodiversité et de la souveraineté populaire ».
Cet événement est doublement symbolique. Par son intégration en marge du Forum Social Mondial, ce qui ne surprend pas de la part d’un des mouvements qui est à l’origine du processus en 2001 à Porto Alegre. Mais aussi par le lieu, celui-là même où 19 paysans du MST ont été massacrés par la Police Provinciale le 17 avril 1996. Cette région centrale du Para est un des points chauds des luttes foncières, sur le front de déforestation.

On retrouve là une diversité humaine presque aussi grande que celle des écosystèmes amazoniens. Latino des 4 coins du Continent, dont la fille du Che comme icône, mais aussi des Européens, des Nord-Américains, des Africains…
4 jours pour visiter des réalisations (campements, coopératives agricoles, de pêcheurs, pose de la première pierre d’un centre de formation agricole qui devrait devenir le plus important d’Amérique Latine), pour rencontrer des mouvements de résistance, notamment à un projet de barrage hydro-électrique à Tucurui, et aussi au mégaprojet mené par la Compagnie Vale do Rio Doce (un complexe minier et sidérurgique). Un périple qui s’est déroulé en permanence sous l’étroite surveillance de la nouvelle Police Fédérale, tant les conflits sont à vif dans la région.
Des expériences très riches qui seront relatées de façon plus détaillée dans le numéro de Rouge et Vert qui sera consacré à ce FSM.
Roland Mérieux et Emile Ronchon