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EN MARGE DES ATELIERS

31 janvier 2009

Le « campement de la Jeunesse »

 

C’est un lieu important des forums, il favorise les échanges inter-organisations. C’est un foisonnement où chaque groupe politique ou associatif s’organise et côtoie d’autres organisations. C’est aussi là où s’auto-organise des manifestations, des débats ou des actions Lieu riche donc, international, qui participe à la transversalité des forums ; tous en reviennent (de toutes nationalités) avec des souvenirs et des contacts qui participerons à cet autre monde nécessaire.

 Vue générale

 

 

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SOLIDARITE AVEC LA PALESTINE.

 

 

Beaucoup de drapeaux d’autocollant et de banderole de solidarité avec le peuple palestinien.

C’est une émotion de voir qu’à l’autre bout du monde le soutien s’exprime aussi fort, le de toucher du doigt donne une autre dimension à la colère qui traverse la planète.

 

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LE MOUVEMENT DES  SANS TERRE D’INDE

 

Un stand, des participations à des ateliers et une énorme banderole dans l’allée principale : EKTA PARISHAD est là. Vous pouvez avantageusement relire, sur notre site, l’article important sur cette organisation que nous avions fait dans le Rouge & Vert de retour de Mumbay.

 

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ENORME ! SOUS LE CHAPITEAU LOGEMENT ET URBANISME.

 

Des centaines de personnes, une majorité de femmes sur les question de logement, d’accès à l’eau, de réquisition, d’action, d’expulsion. 4 organisations ont un stand juste à côté mais c’est surtout le lieu des échanges entre, par exemple NO-VOX (France) avec le MNLM brésilien qui furent de l’occupation du dernier FM de Porto Alegre. Chacun des FSM fut l’occasion d’action symbolique d’occupation, mais elles sont si rapides que j’ai loupé celle de cet année. La problématique étant internationale, les symboles sont donc importants !!

 

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De Lisieux à Belem, AC!, No-Vox et le MNLM!!!

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rédaction et Photos (en version allégées): Alain

 

 

 

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LE TRAVAIL ESCLAVE

31 janvier 2009

 

C était le thème d une conférence (exclusivement en portugais – heureusement, il y avait pas mal de documents écrits) sur une réalité, encore bien présente au Brésil.

Qu’est ce que le travail esclave (le mot semble être préféré à esclavage) ? Sa définition repose sur l article 29 de la convention de l OIT et sur le code pénal brésilien. C est un travail qui est a la fois dégradant et force.

 

Qui sont les principales victimes ?

 

Il sévit principalement en milieu rural. Les esclaves, appelés peões de trecho ( c est le même mot que pompes dans l Amérique latine de langue espagnole) sont essentiellement des hommes, ayant généralement entre 25 et 40 ans et, surtout, très peu instruits voire analphabètes

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Comment devient-on esclave au Brésil ?

 

Généralement, il n y a pas de coercition ; la misère pousse les futures victimes à accepter les propositions d un rabatteur ( un “gato”, c est à dire un chat) qui leur promettent ; sur place, c est la privation de liberté et un travail épuisant dans des conditions de vie et de travail indignes. En réalité, le propriétaire prétend que le travailleur esclave a des dettes à son égard ce qui justifie tout.

 

Combien d esclaves au Brésil ?

 

 Il ne peut s agir que d estimations du fait de la nature clandestine de cet esclavage.Elles varient de 25 à 50 000 encore aujourd’hui. Cependant, il y a déjà eu plus de 30 000 esclaves libères depuis la création d un corps spécifique de police en 1995.Rien qu en 2007 et 2008 il y en a eu au total plus de 11 000 ont recouvré la liberté.

 

Dans quelles régions ?

 

 Principalement dans les régions pionnières et isolées.L État de Para où se trouve Belem est l un des 2 États les plus touches avec Goias (dans les plateaux du centre).Le secteur sucrier, en plein développement avec le plan alcool, vient nettement en tête (les animateurs de la campagne pensent naïvement aux si les pays étrangers connaissaient la situation, ils n achèteraient plus au Brésil) Ensuite vient l élevage.

 

Quelles actions ?

 

Outre l information et la création d un corps spécial de répression, les animateurs militent pour une solution radicale : la confiscation des terres des propriétaires des esclavagistes. Outre le fait au qu il ne sera pas facile de trouver une majorité au Parlement, elle  serait difficile  à appliquer étant donne l impunité dont bénéficient encore les fazendeiros de la part de la justice. La lutte des classes est une dure réalité dans les zones rurales. 

Gérard FRETELLIERE

 

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BILAN DE LA THEOLOGIE DE LA LIBERATION

31 janvier 2009

Ce mercredi matin, j’ai rencontré deux prêtres et deux religieuses français, présents au Brésil depuis plus de 40 ans et dont l’expérience sur une longue période est précieuse pour comprendre la théologie de la libération. J’ai par ailleurs assisté à un atelier sur le sujet l’après-midi. Bref retour en arrière. La théologie de la libération est un courant de l’Eglise catholique en Amérique Latine qui a été initié, dans les années 60, par des théologiens comme Joseph Comblin ou Leonardo Boff. La conférence des évêques latino américains de Medellin, qui choisit l’option préférentielle pour les pauvres, est une sorte de reconnaissance officielle de cette théologie. Il s’agit d’une rupture avec une Eglise hiérarchique et liée a l’élite ; la théologie de la libération considère que le message chrétien est source de libération et non de résignation. Elle se manifeste, d’abord, par la mise en place de communautés ecclésiales de base qui visent, certes à pallier le manque de prêtres mais aussi à impliquer fortement les laïcs. Par exemple, il y a 40 ans, François animait une paroisse peuplée de 80 000 habitants dans un quartier très populaire et il y avait 17 communautés de base ; autre exemple : Béatrice, dans une région très rurale du sud du Tocantins (a la limite de l’Amazonie) se trouve dans une immense paroisse divisée en 10 communautés. Pour former les laïcs, au plan pastoral et social, des Instituts se créent comme l’IPAR de Belém commun aux 13 diocèses du Para et de l’Amapa. Autre aspect fondamental qui est familier a ceux qui militent dans un mouvement d’action catholique ; les célébrations des communautés de base comportent des temps de prière et des temps où l’on réfléchit aux actions concrètes nécessaires pour le bien être et l’émancipation des habitants du quartier ou du village : c’est le « voir, juger, agir » de la JOC. Concrètement des actions pour obtenir une école, un poste de santé, l’eau ou contre la violence des bandes ou de la police. En 1964, le Brésil subit une dictature et, dans les campagnes, la violence des grands propriétaires ; l’Église ne peut rester indifférente ; ainsi, en tant que telle, elle crée la Commission Pastorale de la Terre et d’autres institutions ; des prêtres (et des évêques comme Helder Camara ou Pedro Casaldaliga) s’engagent. Beaucoup sont traités de communistes, certains sont assassinés. Robert qui, à l’époque, vivait dans l’Araguia, où existait un mouvement de guérilla et de violents conflits pour la terre, en sait quelque chose. Les temps changent : la dictature cède la place en 1985 ; en partie grâce aux chrétiens engagés (ils jouent un grand rôle dans la fondation du Parti des Travailleurs, dans la CUT, le MST…) L’Église brésilienne change également : les nouveaux évêques se méfient de la théologie de la libération avec l’appui du Vatican de plus en plus net. La conférence des évêques latino américains de Saint Domingue est une véritable condamnation. Par ailleurs, des mouvements évangéliques protestants, d’origine américaine le plus souvent, connaissent un succès spectaculaire avec une théologie fondée sur la conversion individuelle et dont les opinions politiques sont souvent réactionnaires. Enfin, la victoire de Lula, issu de ce courant, a un effet boomerang : beaucoup pensent que c’est arrivé et il y a une certaine démobilisation. Il y a encore beaucoup de prêtres, de religieuses, de laïcs voire d’évêques (comme Monseigneur de Maupeou) qui se réclament de la théologie de la libération. Parfois en recentrant leurs actions : visiteurs de prison, conseil juridique, etc… et il y a une relance de la réflexion théorique pour actualiser le message. Il y a eu récemment une semaine sur la théologie de la libération qui coïncidait avec le cinquantième anniversaire du Concile de Vatican II qui a considérablement modifié le message catholique. D’après ce que j’ai compris, on ne renie pas l’idée que la foi doit s’incarner dans la pratique mais on met en avant d’autres paradigmes – pour reprendre la formule d’un intervenant : la tolérance religieuse, l’écologie (l’eau, la terre sont des biens communs …) la paix. Et toujours la question : quelle image de Dieu et de Jésus véhiculent les chrétiens et comment cela se manifeste-t-il dans les célébrations, par exemple. Pour finir, il y a un aspect qui ne semble pas avoir été évoqué : la théologie de la libération est-elle portée également par d’autres Églises, non catholiques ? En tout cas, ce débat sur la place des chrétiens dans la société ne concerne pas que les Brésiliens. Gérard FRETELLIERE

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« Il n’est pas de sauveur suprême … »

30 janvier 2009

Jeudi après-midi. Les allées du forum se dégarnissent. Dans les ateliers, les panels d’intervenants ne sont plus au complet. Par petits groupes, les participants vont rejoindre le centre de convention de l’Amazonie, où se déroule le Forum des Autorités Locales.

Numéro de claquettes à 10 pieds

8000 personnes vont assister à la grand’ messe du forum : le meeting réunissant cinq chefs d’état latinos de gauche. Il s’agit d’Evo Morales (Bolivie), Rafael Corrêa (Equateur), Fernando Lugo (Paraguay), Lula (Brésil) et Hugo Chavès (Venezuela). Pendant ce temps la droite latino, la vraie (les présidents mexicain Felipe Calderon et colombien Alvaro Uribe) est reçue à Davos. On goûtera le symbole !

Peu de neuf dans les discours des cinq figures de la gauche latino-américaine. Tous refusent d’assumer la responsabilité d’une crise économique qui trouve ses sources dans les spéculations des bourses du Nord. Tous rendent hommage à Cuba, la flamme restée allumée quand toute l’Amérique Latine était soumise au talon de fer US. Pas l’ombre d’une réserve et même un hommage appuyé à Hilda Guevara (la fille du poster culte) présente dans la salle.

Dans le texte

Chavez salue l’élection d’un noir à la présidence US et la fermeture de Guantanamo mais parle « d’espérances plutôt que d’illusions ».

Corrêa ne croit pas « dans les dogmes. A chaque maladie, son remède ».

Lula promet que ce n’est pas le peuple brésilien qui paiera la crise mondiale.

Pas de scoop mais une salle comble et une couverture médiatique optimum.

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Dans l’après-midi, une première réunion, à l’initiative de mouvements sociaux, avait déjà réuni quatre de ses cinq présidents (sauf Lula, pas forcément désireux de débattre avec le MST). Il s’agissait alors, devant un public plus restreint, d’initier « une rencontre permanente des présidents d’Amérique Latine et des peuples qui luttent organisés en mouvement sociaux » (Morales).

Quatre présidents dans un FSM : une première dans l’histoire de l’altermondialisme.


Ils ont tous, à leur manière, exprimé leur rejet du Libéralisme et souhaité une forte interaction entre leurs gouvernements et les mouvements sociaux.
Corrêa a insisté sur la défense l’environnement en Amazonie et sur le « Socialisme du XXIeme siecle ».
Lugo a, quant à lui, insisté sur la nécessité de revoir les accords, forts inégaux, qui lient Paraguay et Brésil sur les questions énergétiques concernant l’immense barrage d’Itaipu.
Morales a évoqué l’approbation populaire de la nouvelle constitution bolivienne.
Chavès, dans un long discours, a évoqué Cuba et « l’espoir » Obama.

Joao Pedro Stedile, un des principaux responsable du MST, est intervenu pour réclamer nationalisations et renationalisation de certains secteurs brésiliens.


Roland Mérieux

Il y a sans doute deux lectures de ces deux réunions.
-    Le recul du libéralisme : lors du premier FSM, il n’y avait aucun chef d’Etat présent. Et pour cause, aucune figure de cette nouvelle gauche au pouvoir n’avait été élu. Leur présence même démontre à la fois le poids nouveau de l’altermondialisme, la fin de l’hégémonie libérale en Amérique Latine et l’interaction entre ses deux faits.

-    Mais ce spectacle (la salle retenue sert, le reste du forum, à accueillir concerts et spectacles) de leaders charismatiques venus porter la bonne parole devant des salles pleines et conquises est bien loin de la logique d’expérimentations horizontales, de transversalité, de diversité et de multitude des forums.

Voilà d’ailleurs qui résume symboliquement les débats sur les perspectives altermondialistes, entre l’adossement aux forces progressistes au pouvoir en Amérique Latine, quitte à renoncer aux dimensions les plus novatrices qui émergent dans ses forums, et la constitution d’un espace public oppositionnel mondial, novateur et potentiellement chimiquement pur, mais avec des perspectives d’applications dans le monde réel quasi nulles.

Mathieu Colloghan

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Avec le MST sur le front de déforestation

30 janvier 2009

Une caravane de 300 invités, de tous les mouvements de Via Campesina, de la presse alternative et de militants sympathisants a parcouru le centre de l’Etat du Para 4 jours durant à l’invitation du Mouvement des Sans Terre (MST) Brésilien. C’est un véritable Forum Social local, dit du Carajas, une formule originale pour fêter les 25 ans du MST. En sous-titre : « Pour la défense de l’Amazonie, de la biodiversité et de la souveraineté populaire ».

Cet événement est doublement symbolique. Par son intégration en marge du Forum Social Mondial, ce qui ne surprend pas de la part d’un des mouvements qui est à l’origine du processus en 2001 à Porto Alegre. Mais aussi par le lieu, celui-là même où 19 paysans du MST ont été massacrés par la Police Provinciale le 17 avril 1996. Cette région centrale du Para est un des points chauds des luttes foncières, sur le front de déforestation.

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On retrouve là une diversité humaine presque aussi grande que celle des écosystèmes amazoniens. Latino des 4 coins du Continent, dont la fille du Che comme icône, mais aussi des Européens, des Nord-Américains, des Africains…

4 jours pour visiter des réalisations (campements, coopératives agricoles, de pêcheurs, pose de la première pierre d’un centre de formation agricole qui devrait devenir le plus important d’Amérique Latine), pour rencontrer des mouvements de résistance, notamment à un projet de barrage hydro-électrique à Tucurui, et aussi au mégaprojet mené par la Compagnie Vale do Rio Doce (un complexe minier et sidérurgique). Un périple qui s’est déroulé en permanence sous l’étroite surveillance de la nouvelle Police Fédérale, tant les conflits sont à vif dans la région.

Des expériences très riches qui seront relatées de façon plus détaillée dans le numéro de Rouge et Vert qui sera consacré à ce FSM.

Roland Mérieux et Emile Ronchon

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Voisinage

30 janvier 2009

Des stands. Deux travées seulement séparent Amisrael, l’association brésilienne des amis d’Israël, qui soutient le droit de cet état à vivre dans la paix et la sécurité (pas un mot sur les Palestiniens), et le stand d’une association musulmane brésilienne, qui vend des t-shirts de soutien au peuple palestinien en lutte.

Mathieu Colloghan

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L’agrobusiness creuse les ventres

30 janvier 2009

Jeudi, 15h30, une petite salle de cours bondée. Un atelier au titre à rallonge, un peu mystérieux : « l’agriculture familiale indigène durable comme alternative concrète pour la souveraineté alimentaire en temps de crise ». Une impression d’accumulation de mots clefs dans ce débat organisé par un groupe œcuménique allemand, Du pain pour tous. Les intervenants parlent allemand, brésilien, français, mexicain…

L’atelier commence par un graphique très éclairant, si simple qu’on se demande pourquoi il n’est pas davantage connu. Il retrace près de 50 ans de statistiques de la FAO. Une courbe pour la production agricole, une autre pour celle par être humain, une troisième pour le nombre de sous-alimentés. La production agricole a bondi en 50 ans, beaucoup plus vite que l’évolution démographique : la disponibilité théorique par habitant de la Planète a augmenté de 40% en 50 ans. Pourtant, le nombre d’êtres humains sous-alimentés n’a pas diminué. Il était de 918 millions en 1961, il est estimé à 960 millions en 2008. Il a même augmenté de 200 millions sur les 10 dernières années !

Ce qui montre parfaitement que les solutions productivistes et hypertechnicistes ne résolvent en rien la faim dans le monde. Les Révolutions Vertes, celles des années 60 et 70 ou celles qu’on nous revend aujourd’hui (avec les biotechnologies en particulier) n’aboutissent qu’à aggraver les inégalités et les atteintes aux écosystèmes.
L’agriculture familiale et économe comme modèle
Et si la promotion de l’agriculture familiale était, non une survivance du passé, mais un des meilleurs moyens pour réduire les inégalités, véritable cause de la malnutrition ?

Ibrahim Coulibaly, responsable de la Coordination des Organisations Paysanne du Mali, membre de Via Campesina, rappelle ainsi que ce sont les ¾ des populations africaines qui vivent de l’agriculture. Quand elles sont chassées de leurs terres, qu’elles n’ont pas accès aux ressources de base (eau, santé, éducation, semences, crédit…), qu’elles n’ont pas moyen de commercialiser leurs produits à des prix rémunérateurs, c’est la pauvreté des bidonvilles qui explose !

Les témoignages des intervenants mexicains et brésiliens vont dans le même sens, incriminant en outre l’absurdité des changements de modes de consommation alimentaire, qui favorisent l’agrobusiness.
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Mais des alternatives sont en marche, et à grande échelle. Au Brésil, ce sont plus de 1000 communautés paysannes qui se sont lancées aux 4 coins du pays dans l’agriculture, la pêche ou l’agroforesterie écologique. Et sans soutien de l’Etat. Au contraire même, l’Etat fédéral brésilien concentre le peu qu’il donne à l’agriculture familiale sur l’intégration des petits agriculteurs aux modes de production productivistes : prêts pour engrais, phytosanitaires (l’intervenant parle d’ « agrotoxiques »), mécanisation, monocultures…

En outre, une mauvaise nouvelle vient de tomber. Alors que la presse fait les gros titres de la décision de Lula d’augmenter les crédits à l’aide alimentaire intérieure dans le cadre du programme « Fome Zero », Maria Emilia Pacheco (collectif ABA pour l’agriculture écologique) nous apprend que l’obligation pour ce programme d’acheter exclusivement aux agriculteurs familiaux venait d’être supprimée par décret présidentiel. Ce « marché » sera désormais ouvert à l’agrobusiness !

Autre continent, autre exemple d’initiative en marche. En Inde, la région d’Uttarakhand a été déclarée « territoire exclusivement réservé à l’agriculture biologique », après des décennies d’actions de terrain. C’est la « success story » racontée racontée par Vinod Kurmar Bhatt de la fondation Vandana Shiva.

Une prise de conscience des élites ?

Un panel intergouvernemental a été mis en place sur le modèle de celui du GIEC pour le changement climatique. Il associe une trentaine de représentants des Gouvernements et autant d’organisations de la « Société Civile » représentées à l’ONU. Après avoir recueilli les contributions de plus de 400 chercheurs et praticiens de terrain du développement agricole, il a rendu son rapport en avril 2008 à Johannesburg. Il s’appelle du nom barbare de IAASTD, qu’on peut traduire par « Evaluation internationale des sciences et techniques pour l’agriculture ».

Ce rapport légitime des idées qui, si elles sont largement partagées par les altermondialistes, sont en permanence tournée en ridicule par l’autre camp, celui de Davos.
-    oui, l’agriculture est bien multifonctionnelle, ayant un rôle fondamental dans le maintien des écosystèmes, des équilibres sociaux… et ne peut être réduite à la production de commodités standards facilement échangeables sur les marchés internationaux ;
-    oui, la place des femmes dans l’agriculture est fondamentale, et le développement viendra d’abord de la promotion féminine (éducation, santé…) ;
-    oui, la production à petite échelle est beaucoup plus économe et respectueuse des écosystèmes, plus productive à l’hectare, et doit être encouragée ;
-    oui, on doit protéger cette agriculture de petite échelle de la concurrence des grands trusts internationaux ;
-    oui, la recherche et le développement doivent être participatifs, partir des savoirs faire locaux, être orientés vers l’économie de moyens et la protection de l’environnement ;
-    etc.

Rien de bien nouveau en soi ! Mais la nouveauté est que ces conclusions soient assumées par les Institutions Internationales : ONU, Banque Mondiale, OMS, UNICEF…

Trop beau pour être honnête ?

Peut-être, mais aussi un point d’appui possible pour revendiquer d’autres politiques agricoles publiques dans chacun de nos Etats, et d’autres règles commerciales internationales.

Emile Ronchon

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Soutanes partout, justice nulle part.

30 janvier 2009

Il y a la Théologie de la Libération, les mouvements d’émancipation et de lutte d’origine confessionnelle et les caritatifs religieux. Ils ont leur place dans le processus des forums sociaux depuis le premier FSM et sont, en particulier au Brésil, incontournables. Ils voisinent avec des mouvements laïcs, parfois anticléricaux, avec de mêmes buts sociaux, démocratiques ou écologistes.
Mais il y a aussi les autres. Et ils sont nombreux ici. Sectes, églises, courants, chiismes, tendances … Ils interviennent avec un spectacle célébrant la grandeur de la Vierge Marie, ou avec une réunion renvoyant dos-à-dos capitalisme et communisme, tous deux incapables de répondre aux enjeux actuels car seule une lecture littérale de la bible le peut.
Que faisons-nous dans le même forum ?!

Mathieu Colloghan

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Toujours en atelier

30 janvier 2009

Sur la Guyane

Le syndicat, l’Union des travailleurs guyanais (UTG), membre fondateur du forum social pan amazonien a organisé une conférence-débat sur la situation en Guyane, l’occasion pour nous de tenter de mieux cerner le contexte de domination coloniale dans lequel vivent les populations autochtones. En métropole, les médias ne parlent guère de ce territoire sauf lors de l’envoi des fusées Ariane à Kourou ou, plus récemment, avec plusieurs jours de retard quand la population s’est mobilisée contre le prix du carburant.

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Ce mouvement social très important a rassemblé l’essentiel de la population guyanaise. Si l’Etat a concédé une baisse de 0,5 euro après deux semaines de blocage complet de l’activité, elle n’est que provisoire et les problèmes de vie chère ne sont absolument pas réglés. Le pouvoir français a mis en place une commission qui doit rendre ses conclusions en mars.
Mais au-delà de ce problème de coût de la vie, lié au fait que tout est importé alors qu’il serait possible de développer l’activité économique locale, c’est l’attitude coloniale de l’Etat français qui a été abordée.

Il serait trop long de rentrer dans le détail, mais l’Etat militarise de plus en plus ce territoire et réprime de plus en plus le mouvement social et plus globalement les populations.
La politique de la France consiste à sacraliser ce territoire. Un parc naturel national a été créé en 2006 qui couvre la moitié de la superficie de la Guyane et sur lequel les populations sont de plus en plus contrôlées. On déplace des populations indigènes pour les regrouper. Parallèlement, la biodiversité devient un enjeu de plus en plus important pour l’industrie pharmaceutique française et comme par hasard, l’ancien PDG d’Aventis vient d’être nommé pour développer le projet du parc. Pour l’orpaillage, on interdit à une population indigène d’exploiter la ressource mais on ne combat pas réellement l’activité clandestine. Les garimpeiros brésiliens sont liés à des multinationales et l’Etat français est d’une certaine manière complice.


La domination coloniale de la France en Guyane doit nous interpeller, les forces progressistes  en métropole doivent être solidaires des revendications des populations de ce territoire.
Les forces sociales guyanaises souhaitent développer les relations avec les mouvements sociaux d’Amérique latine mais se heurtent bien souvent à des tracasseries administratives, ainsi quand l’UTG veut rencontrer la CUT, son homologue brésilienne cela s’avère parfois très compliqué.
Nous développerons ce sujet dans Rouge & Vert.

Richard Neuville

Les peuples souverains

Cet atelier prenait l’angle de la construction d’institutions propres au sein d’une ou plusieurs nations. Si nous connaissons les revendications corses, bretonnes ou basques, la liste des présents traverse le monde (voir liste à la fin). Les nations épinglées pour leurs responsabilités historiques sont la France, l’Italie, l’Espagne mais aussi les religions. Aujourd’hui la pression du libéralisme, transnational par essence, ignore a fortiori l’existence de ces peuples sans frontières onusiennes. Par exemples : un projet de barrage au Brésil noiera les terres en Bolivie amazonienne, lieu de vie d’indiens Quetchuan ; un champ pétrolier sur un territoire kurde en Irak, etc.

La stratégie est partout la même : la disparition de ces peuples en s’attaquant à leur identité. Les peuples qui se sont exprimés lors de l’atelier sont : les Guaranis d’Uruguay, CONAMAQ (Quetchuan) de Bolivie, Kurdes, Galiciens, Catalans et Kabyles d’Algérie.

Alain Marcu

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Vive la vie!

29 janvier 2009

C’est par ces mots qu’une représentante des peuples indigènes d’Equateur conclut une des premières intervention sur la scène d’ouverture. Comme un écho exprès au “Vive la mort” d’autres temps, pas si anciens… Slogan qui pourrait être celui du Forum Economique de Davos aujourd’hui!

Cela fait de longues heures qu’une multitude se forme et se reforme devant la scène 1 de l’Université Fédérale du Para, propriété de l’Etat fédéral brésilien, et non pas de l’Etat du Para dont Belém est la capitale. C’est bien l’Etat fédéral qui a fourni l’infrastructure du FSM.

On se protège comme on peut du soleil, les brésiliens prévoyants sous des parapluies aux allures d’ombrelles, les autres sous les arbres qui bordent le fleuve tout proche. Multiples batucadas, chants, discussions… et une mélopée qui s’élève: un prêtre Tsutsil guatemaltèque fait flamber une sorte de petit foyer devant la scène en invoquant (ce sera précisé plus tard) la nature mère.

Cette spiritualité marquera l’ensemble de cette ouverture officielle. En commençant par l’élévation du mat traditionnel, couronné d’une image de “San Benedito”. Cela rappelle les “Mysterias” par lesquelles débutent de façon immuable les réunions du MST (Mouvement des Sans Terre Brésiliens), et de Via Campesina (organisation mondiale des paysans).

“500 ans de domination ont fauché nos vies…

Mais nos racines ne s’éteignent pas”. Ainsi débute la déclaration d’ouverture du FSM de Belém. “Nous allons parler depuis la base, donner la voix des sans voix”.

On s’attendait à des allocutions lors de ce Forum Social Amazonien. Mais ce ne sera pas cela. Il y a bien une déclaration d’ouverture est d’abord déclamée en Portugais, puis en Anglais, en Espagnol et en Français. Mais c’est entrecoupé et scandé sur la scène de représentations des peuples de toute les terres “marginales” d’Amérique Latine. Représentation est à prendre au pied de la lettre. Ces peuples choisissent de se présenter, souvent en costumes de cérémonie traditionnels, en jouant des scènes de théâtre, ou en entonnant des chants rituels… Le message délivré en Portugais ou en Espagnol est souvent assez bref. Et il reprend pour l’essentiel la teneur de la déclaration d’ouverture.

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“La terre mère est malade!”

Partout la destruction suicidaire qui se cache sous le nom de modernité, de développement économique, de globalisation capitaliste. La destruction  atteint l’Amazonie, le Pantanal (une plaine d’effondrement au sud du Brésil), le Chaco (de gigantesques étendues semi-marécageuses au Paraguay et au nord de l’Argentine), la Cordillère des Andes, la Patagonie, désormais l’Antartique. Toutes ces écosystèmes en équilibre, les plus riches de biodiversité au monde, sont aujourd’hui très durement attaqués par le réchauffement climatique, la déforestation, l’exploitation minière, les barrages, l’expansion des grands élevages, les plantations géantes pour fournir des agro-carburants, les OGM qui impliquent monoculture et pollutions… Une marchandisation de tout, voulue par les grandes compagnies, favorisée par les Etats au nom du développement économique.

Même progressistes, ces Etats ne commenceront à changer de paradigme que sous la pression des luttes. Et partout, les peuples luttent dans l’Amérique Latine des terres “marginales”, hautes terres et marécages. Indigènes, Quilombos (descendants des esclaves marrons), Caboclos (métis de colons et d’amérindiens qui vivent de pêche, de cueillette et d’agriculture vivrière), Posseiros (paysans sans titres)… partout ils rentrent en résistance. Mais sont aussitôt accusés d’être des criminels par les autorités locales, à la solde des nouveaux conquérants des compagnies minières ou de l’agro-business.

Comme le dira l’après-midi un représentant de la CPT (Commission Pastorale de la Terre Brésilienne): “tout se passe en Amazonie comme si l’Etat central fermait les yeux sur les exactions des grands propriétaires en attendant que le nouvel ordre économique se soit mis en place, avant de “civiliser” tout cela a posteriori”. Mais n’est-ce pas toujours ainsi que se réalise l’accumulation primitive du capital ?

Entendre les peuples pères

Les revendications des peuples latino-américains des terres marginales sont résumées en quelques propositions. Pour l’économie solidaire, d’abord conçue au niveau des Communautés, basée sur la réciprocité. Pour un nouvel équilibre entre nature, culture et société humaine. Pour une décolonisation culturelle. Pour l’autonomie des corps, contre toute discrimination et exploitation raciale et sexuelle. Pour un autre gouvernement, des Communautés et des Etats. Pour une transformation profonde des Etats, des marchés et des Sociétés. C’est un nouveau paradigme que les peuples sans latino-américains nous exhortent à construire ensemble.

“Ensembe, entendons le chant des arbres, l’histoire des grands arbres, la liberté des oiseaux, l’esprit des glaciers… les propositions des filles et fils de la Terre”!

Emile Ronchon

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